Chroniques Musicales | Bloguez.com

Scarlett Johansson - Anywhere I Lay My Head

  : Ajouté le 20/5/2008 à 17:47

(Matins Maternes 19/05) 

J’avoue avoir ri lorsqu’on m’a annoncé que l’égérie d’Hollywood, Scarlett Johansson, triomphante au cinéma dans des chefs d’œuvre comme Lost in Translation se lançait dans la musique. Tellement nombreuses ont été les tentatives de reconversion, on se rappelle notamment de l’album inaudible de Sandrine Kiberlain en 2005 ou encore celui d’Elie Semoun dont la nullité était proche d’un bon vieux Enrico Macias passé en version lounge.

Comment dès lors appréhender cet album ? Il faut avant tout retracer le parcours musical de la demoiselle qui fan de wokénwol a déjà collaboré en 2006 à un album à but non lucratif avant d’avoir le privilège de jouer en 2007 avec les célèbres Jesus and Mary Chain.

Grande fan de Tom Waits elle sort aujourd’hui un album de reprises du grand chef, transformées à sa sauce par le génial guitariste de TV on the Radio Dave Sitek qui a entièrement produit cet album.

On se rend alors compte que la petite Starlette ou plutôt Scarlett est quand même bien entourée pour un premier album car il comprend également un duo avec David Bowie ou encore les Yeah Yeah Yeahs. On pouvait s’attendre à de la pop ringarde aux accents dramatiquement eighties et pourtant c’est une musique aux accents plutôt islandais qui nous attend. Et le nom de l’album – Anywhere I Lay My Head – fait bien référence à la manière dont on a envie de l’écouter : à tête reposée.

La musique assez proche d’un Sigur Ros ou d’un Mum et approche assez bien l’optique post rock, ce qui est assez original quand on sait que ce sont des reprises du cowboy Tom Waits. Et c’est un véritable tribute qu’elle lui rend en amenant aux chansons quelques peu vieillottes une nouvelle dimension d’actualité qui touchera un grand nombre de jeunes, non seulement par la notoriété de la dame, mais aussi par la profondeur des chansons.

Comme on peut le constater, le chant n’est pas perché dans le haut lyrisme qui pourrait la faire retomber, mais bien dans une recherche d’une tonalité plutôt monotone et voilée mettant bien en avant les paroles du génie qu’est Tom Waits.

On reprochera sûrement une ressemblance assez forte entre les morceaux, mais Scarlett a su montrer malgré tout sa polyvalence autant dans un cinéma de qualité que dans une musique différenciée, durement accessible et aussi enchanteresse que dépouillée.

La simplicité des morceaux confère à l’album une dimension légère et positive, sans grande technique ou psychologie, ce qui permet d’en faire un bijou à porter en toute circonstance. Aux coloris changeant selon l’humeur et à la pierre rare et précieuse digne des plus grandes émeraudes musicales.

Pas de concert prévus, mais plus d’infos sur :

 

Myspace.com/scarlettalbum

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Empyr - The Peaceful Riot

  : Ajouté le 20/5/2008 à 17:38

(Matins Maternes 19/05)

Sortez les bracelets à clous, le baggy et les cheveux gras, la vague néo-métal française n’est malheureusement toujours pas morte et compte bien renaitre de ses cendres. Et même si ça va de pire en pire, Empyr est là pour montrer qu’il subsiste malgré tout une flamme nostalgique des années passées où le power-pop se mêlait encore gracieusement au metal pour le plaisir de nos jeunes oreilles préadolescentes.

Tels des powers rangers venus de contrées différentes, Empyr regroupe d’anciens membre s de Kyo Watcha , de Pleymo ou encore de Vegastar. Pour beaucoup d’entre nous, cela n’augure pas forcément grand-chose de bon et pourtant il en ressort une énergie et une recherche de mélodie qui plaira aux fans du genre.

Beaucoup de points positifs amènent en effet cet album hybride à un rang supérieur par rapport à ce que les différents groupes dont sont originaires les membres ont pu faire avant. 

La première chose est que le chant est en anglais, ce qui laisse déjà moins de place aux paroles qui souvent sont la dernière chose travaillée dans un groupe de métal, il faut bien l’avouer.

Il est ensuite beaucoup plus carré et bien que machinalement perdu dans une nuée de déjà vu, il exhume les meilleurs moments des groupes qui le forment. On reconnait en chacune des chansons autant une part de pleymo, que de kyo ou de watcha, tandis que la batterie se fait beaucoup plus soutenue que par le passé.

Les airs souvent très aériens prennent place, au grand malheur des pompeux passages lourds qui permettaient à l’époque d’envoyer toute votre transpiration sur le mec en face de vous par un headbanging à vous donner mal aux cervicales. On sent une certaine recherche de la mélodie assez intéressante et une identification certaine à des groupes comme Linkin Park ou d’autres ayant forgé la nouvelle vague néo métal.

Une bonne dose d’américanisme arrose cet album, qui manque d’une touche personnelle qui changerait beaucoup la donne.

Les envolées lyriques de Benoit Poher sont tout de même à faire remarquer, il a donc décidé de laisser tomber la voix miaulante et sussurante dont il usait à merveille dans Kyo au prix d’un dévergondage de ses cordes vocales jusqu’à crier à pleins poumons.

Certainement un bon album dans le style, mais rien de percutant malgré tout, ils ont la chance d’appartenir à un style tellement récent que personne ne peut encore se retourner dans sa tombe à l’écoute de tout ça …

Ils seront en concert le 31 mai au VK de Bruxelles et le 10 mai aux ardentes

Plus d’infos : myspace.com/empyrmusic

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Portishead - Third

  : Ajouté le 28/4/2008 à 18:04

 

(Matins Maternes 28/04) 

Parmi toutes les reformations qui ont vu le jour ces deux dernières années, celle de Portishead est certainement celle que j’attendais le plus et nombreux sont les fans qui seront de mon avis. Car c’est bien sur un goût de trop peu qu’ils nous ont laissé en 97 quittant la scène comme des princes, créateurs du trip hop et musiciens d’une modestie insensée.

Le groupe s’est formé en 1991 à Bristol en Angleterre, où le clavieriste et batteur Geoff Barrow fait la rencontre d’une chanteuse à la voix chaude et douce éraillée par les cigarettes et le whisky inspirateur d’une musique réfléchie et posée.

Leur premier album Dummy, parait en 94, élu album de l’année par la presse britannique et couronné du très convoité Mercury Prize. Les deux singles extraits de l’album qui seront Glory Box et Sour Times auront un succès fulgurant.

En 97 sort leur deuxième album éponyme, très bon également mais qui connaitra un succès beaucoup moins grand que Dummy.

Ils disparaissent alors pendant 11 ans, mais on retiendra quand même la carrière solo très efficace de Beth Gibbons qui a su prouver qu’elle est l’âme à part entière de Portishead, on se souvient notamment de la superbe chanson Mysteries, composée pour la BO des Poupées Russes de Cedric Klapisch.

Ils nous reviennent cette année avec un troisième album, sobrement intitulé Third. Beth Gibbons n’a absolument pas perdu sa voix mélancolique et déchirante. Et si la voix est certes fort importante, les risques pris au niveau de la musique sur cet album sont beaucoup plus gros. Fini les mélodies carrées et les manques de variations. Des sons arrivent de nulle part, et une douce ballade acoustique pourra être interrompue par une basse lancinante aux accents très Kraftwerk ou Nine Inch Nails.

Comment dès lors appréhender cet album ? Je dirais tout simplement comme une énorme commode dont tous les tiroirs renferment des secrets d’émotions pures dues à une musique qui pourra autant vous relaxer et vous faire sourire que de vous plonger dans un malaise et un spleen qui sont aussi agréables qu’attendus.

Le trip hop n’est pas non plus une musique très accessible, et si l’on suivait l’exemple de l’allégorie la caverne de Platon, Portishead serait le prophète qui montre au peuple l’ombre de la musique, par une facilité, et des airs chics et pas chers qui vous emmènent dans une dimension inconnue. Portishead c’est ça. Un concept et une voix qui vous fait oublier les instruments présents tout au long des 11 morceaux subliment que compte cet album.

Ils ont d’ores et déjà lancés une tournée qui passera par chez nous le 8 mai à Forest National, pour ma part, j’en serais bien évidemment…

www.portishead.co.uk

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