Chroniques Musicales | Bloguez.com

Cinema Bizarre - The Final Attraction

  : Ajouté le 2/6/2008 à 19:38

(Matins Maternes)

 

Dans les années 80, on rigolait du look de Boy Georges. Dans les années 90, Marilyn Manson choquait par ses ceinturons de cuir. Aujourd’hui encore, Cinéma Bizarre nous prouve que l’androgynie peut être poussée à son paroxysme, malheureusement au détriment de leur musique.

Car si Tokio Hotel arrive à éloigner les taupes à chaque concert grâce aux cris aigus de leurs fans, Cinema Bizarre vise plutôt un public gothico-grotesque aux relents de teenagers non-avertis.

Futures stars des top- hits-machines-compilations 2008 et autres nullités commerciales, ces jeunes Allemands ont tout pour plaire au public adolescent. En effet, une voix douce, des mélodies pop sirupeuses, des corps épais comme des timbres poste voici ce qui caractérise ces personnages tout droit sortis de mangas et qui revendiquent autant leur look que leur musique.

Pour l’histoire, le groupe s’est formé en 2005 et a pour membres 5 jeunes allemands tout juste majeurs qui se sont rencontrés à un salon d’animations japonaises. Ils seront contactés quelques temps plus tard par Malcolm McLaren, manager des ex-défunts Sex Pistols qui leur offre la possibilité d’enregistrer une chanson en Angleterre.

Le groupe commence à enregistrer son premier album au Printemps 2007, tournant entre des studios de Berlin, de Copenhague ou de Londres. Album qui est sorti chez nous en mars dernier.

Il s’ouvre par « Lovesongs, they kill me », sorte d’hymne à la tristesse que peuvent causer les chansons d’amour pour quelqu’un qui regarde par sa fenêtre et qui est triste et blabla bla.. Bref les paroles sont décrites comme parlant d’amour, d’être soi-même et de besoin de s’affirmer, thèmes nous plongeant dans une originalité déconcertante.

 

Comme vous pouvez l’entendre, le groupe tend vers des clichés pop glamour qui malgré un gout boulimique de déjà vu réussira certainement une percée musicale au détriment de collègues talentueux et méritant.

On ne peut pas non plus leur jeter la pierre ou plutôt le rocher comme je le fais, ils sont jeunes, sous tutelle d’une grosse boite et n’ont certainement pas un panel de choix énorme qui s’offre à eux. Malgré tout, la musique est quand même nettement plus mature que les hôtels de Tokyo et on sent un besoin d’affirmation et de musicalité trop étouffé par une production trop lourde pour leurs petites épaules.

Et bien qu’un reportage sur la chaine allemande mélangeait tokio hotel et cinema bizarre en le mettant sur un même pied, je pense que les paniers sont différents, et l’on peut souhaiter à ces derniers une carrière plus honorifique et moins tape à l’œil.

Je ne leur donne malheureusement pas une très bonne note, ni une espérance de vie très élevée, car peut-être ce cd aurait du sortir dans 20 ans afin de laisser une chance à la musique commerciale d’aujourd’hui de ne pas tomber dans de si bas fonds ….

 

Plus d’infos : myspace.com/cinemabizarre

 

Tags :

» Catégorie Not specified
Commentaires (3) :: Poster un commentaire :: Lien permanent :: Envoyer à un ami

Devotchka - A Mad And Faithfull Telling

  : Ajouté le 2/6/2008 à 19:33

 

(Matins Maternes)

Plongeons nous dans une caravane manouche remplie de rockers indie talentueux pour apprécier Devotchka. Imaginez le contexte : une guitare, un piano, une trompette, un bouzouki, un violon, un accordéon, une contrebasse, un orgue et bien d’autres instruments, joués par 4 musiciens talentueux. Cela nous donne un melting-pot de world music et de punk folk gitan sensationnel.

Devotchka use d’une voix aux accents espagnols pour nous emmener vers des contrées lointaines où la musique traditionnelle est de rigueur, virevoltant d’une polka sautillante à une dramaturgie d’Andalousie.

C’est le multi-instrumentaliste et chanteur Nick Urata qui est à la tête du combo qui puise ses influences dans la musique romaine, grecque, slave et mariachi. D’ailleurs le chant oscille entre l’anglais et l’espagnol, nous offrant un contraste aux accents de soleil très prononcés …

Les hymnes vous font donc faire le tour du monde et des cultures, vous rapprochant parfois d’un bal des monstres lourd et cinglant, glauque et sale, mais toujours digne et souriant. Ce n’est donc pas pour rien qu’ils ont accompagné Dita Von Teese, ex Madame Marilyn Manson, dans des cabarets burlesques et fétichistes.

La légéreté et la sincérité que distille Devotchka ne se rapproche de rien de connu et de courant. Ils engagent le pas à une mélodie différenciée que nos oreilles averties ne sauront qu’apprécier après un nombre certain d’écoutes.

Pour ceux à qui le nom rappelle quelque chose, Devotchka a notamment composé la BO de « Little Miss Sunshine », ce qui leur a valu une nomination aux Grammy Awards en 2006 pour la meilleure musique de film.

Formé en 1997 dans le Colorado, Devotchka en est déjà à son 6ème effort avec « A mad and faithfull telling »

A travers ce cd, le petit groupe de Denver change de ton entre chaque chanson, avec peu d’homogénéité,  et c’est cela qui en fait sa force, comme cela pourrait faire la faiblesse de certains, qui ne sauraient sur quel rive musicale se situer.

 

Devotchka ne pourra que vous faire danser et ce, très bientôt même car ils seront aux ardentes le samedi, de 15h à 15h40 sur la grande scène…

 

Tags :

» Catégorie Not specified
Commentaires (0) :: Poster un commentaire :: Lien permanent :: Envoyer à un ami

Vegas - Vegas

  : Ajouté le 27/5/2008 à 21:16

 

 

(Matins Maternes 26/05)

 

Il est rare que les groupes belges se risquent à marcher sur le Wild Side, sortant des éternelles bassinassions pop-rock belgo-formatées. Exit les vieux effets gramophones et autres appareils aplatissant le son. Les experts de Vegas nous offrent une galette de sons bruts californisés à l’extrême et rendant au néo-classicisme du rock métallique américain toute sa valeur.

Pour l’histoire, Vegas est un groupe belge, quatuor talentueux formé en 2003 et ayant déjà fait ses preuves notamment au Festival de Dour ou encore au Botanique. Ils signent en 2007 un accord pour album sous la houlette de Rox Records et enregistré au studio d’André Gielen, qui a déjà vu passer Mass Hysteria ou encore Lofofora par ses locaux. L’album sera enregistré et mixé par Roland De Greef, sous la direction artistique de Mario Guccio.

Sobrement intitulé « Vegas », il est sorti chez nos disquaires début mai.

Oscillant entre la pop mignonne et le rock dur, Vegas se permet de créer des ambiances, notamment grâce à des sons de claviers positivement et résolument mélodieux. La production est grosse, les guitares hurlent une distorsion travaillée alors que la batterie n’excelle pas dans l’originalité mais plutôt dans un carré parfait.

La voix quant à elle n’est certes pas la plus originale du marché, mais a le pouvoir de rendre des mélodies fortes, s’imprimant au fur et à mesure dans votre tête, pour ne plus vous quitter. Ainsi, la ballade « The Sun’s Coming Back  to You», ode à la vieille Chevrolet garée sur la colline pour regarder le soleil se coucher se verra être sifflotée machinalement après écoute, sans aucune manière de pouvoir se défaire de cette voix mélancolique et enchanteresse.

 

Audacieux est cet album pour un public belge encore loin d’entretenir des bonnes relations avec une musique différente de celles que son paysage porte habituellement. Aussi, la variété des morceaux le composant permettra à l’auditeur lambda d’apprécier certains aspects beaucoup plus que d’autres. Mixage parfait entre Bush et Linkin Park - ce qui n’est qu’un demi-compliment – Vegas montrent par la percée qu’ils sont en train de faire qu’autre chose peut marcher en Belgique et plaire au grand public.

Cependant, la grosse production de cet album laisse peu de place à la création  plus spontanée et moins travaillée. Le groupe se cantonne fort à un style, efficace certes, mais à court terme. Au vu du bon potentiel que montrent les 4 musiciens, une approche plus psychédélique et plus expérimentale serait peut-être de rigueur si l’on ne veut pas se perdre dans des géométries musicales trop formatées qui risqueraient de finir alors en génériques de séries télé ringardes. Le son américain plait à la première écoute mais lasse vite au bout d’un temps quand il n’y a pas de contrées différentes qui peuvent intervenir.

Mais le groupe est loin du précipice et a encore tout à prouver avant d’être durement critiqués. Ils sont jeunes, frais, en constante évolution, on ne peut donc pas leur reprocher d’expérimenter leur talent de cette manière… Les débuts sont prometteurs et on ne peut que leur souhaiter de faire grandir leur musique jusqu’à une maturité qu’ils méritent amplement.

Plus d’infos sur myspace.com/vegasbe

Tags :

» Catégorie Not specified
Commentaires (0) :: Poster un commentaire :: Lien permanent :: Envoyer à un ami

<- Précedent :: Suivant | | ->

A propos du blogueur

Links

• Accueil
• Voir mon profile
• Archives
• Email
• Blog RSS

Catégories

Amis

0

Liens

Services

•

Sondage

| Contact author |